FEEDAE présent à Vivatech : ce que 3 jours sur un stand nous ont confirmé

Pour la 10e édition de VivaTech, le programme était pourtant exceptionnel : Jeff Bezos, Jensen Huang, des délégations de 171 pays, 180 000 visiteurs en quatre jours. L'Allemagne pays de l'année, l'Inde partenaire IA, Modi et Macron sur la même scène. Le genre de moment où Paris redevient, le temps d'une semaine, le centre névralgique de l'innovation mondiale.
Et moi, j'étais sur notre stand, du matin au soir, trois jours durant.
Aucun regret parce que ce que j'ai appris debout, à expliquer notre métier à des gens qui ne nous connaissaient pas, vaut largement ce que j'aurais appris assis dans un amphi.
Le paradoxe que je veux nommer
Avant de parler de FEEDAE, je veux être honnête sur ce que ce salon m'a fait ressentir. Parce qu'il y a un paradoxe, et il mérite qu'on s'y arrête.
Dehors, le contexte n'a rien d'évident. Tensions géopolitiques, conflits ouverts, incertitude économique en France comme ailleurs, arbitrages budgétaires de plus en plus serrés. On connaît tous la chanson, et pour beaucoup de secteurs d'activité, ce n'est pas une période simple. Les budgets se discutent, les dépenses se justifient, les projets se challengent.
Et puis tu passes les portes de VivaTech, et c'est l'inverse exact.
Une énergie qui régénère. Des milliers de personnes qui veulent avancer, créer, apporter de la valeur. Des grands groupes qui se remettent en cause et qui, justement parce qu'ils se posent des questions, choisissent d'innover plutôt que de se figer. Des pays qui, malgré les tensions diplomatiques, continuent de travailler main dans la main, de chercher des partenaires, de monter des ponts.
C'est ça, le vrai tour de force de VivaTech, et on ne le dit pas assez : réunir tout ce dynamisme au même endroit, à contre-courant de la morosité ambiante. On a la chance de vivre ces innovations de l'intérieur, d'être au cœur de ce mouvement et c'est un privilège, parce que tous les secteurs ne sont pas logés à la même enseigne en ce moment.
Cette bulle, le temps de quelques jours, fait un bien fou. Elle redonne confiance. Et elle rappelle une chose simple : malgré toutes les contraintes externes qu'on ne maîtrise pas, on est encore très nombreux à vouloir construire. Ça aussi, ça mérite un merci.
« Impact, not illusion »
Le fil rouge IA de cette édition tenait en trois mots affichés un peu partout : Impact, not illusion. Difficile de faire plus aligné avec ce qu'on défend chez FEEDAE depuis le premier jour. L'IA n'est pas un gadget de comité de pilotage. C'est une infrastructure, des modèles entraînés et contextualisés, une gouvernance de la donnée — et, au bout, des décisions business qu'on peut objectiver.
On a passé trois jours à faire exactement ça : montrer du concret. Nos micro-LLM. La qualité de nos évaluations et de notre scoring. Et surtout, vulgariser nos cas d'usage auprès d'audiences qu'on ne croise pas dans le monde du CX où nous évoluons d'habitude.
Des cabinets comme EY et Capgemini sont passés, souvent accompagnés de leurs clients. On a échangé avec de grands groupes sur des sujets très loin du small talk de salon : des projets réels, des contraintes réelles, des budgets réels.
La vraie surprise n'est pas venue du service client
On vient du CX. On analyse 100 % des conversations clients, là où la plupart des entreprises en exploitent à peine quelques pourcents. C'est notre cœur de métier, notre porte d'entrée.
Mais sur notre stand, ce ne sont pas seulement les directions de la relation client qui se sont arrêtées. C'est le marketing, l'innovation, la tech et plusieurs directions générales.
Tous avec, à peu de choses près, la même phrase : « Cette donnée, on l'a déjà. On ne sait simplement pas l'exploiter. »
C'est exactement notre thèse, et la voir confirmée par autant de métiers différents en trois jours a quelque chose de rare. Une même donnée conversationnelle sert des dizaines d'usages dans l'entreprise. Le service client en est le cœur qui bat mais cette voix, une fois captée et structurée, irrigue bien au-delà :
- le marketing, qui y trouve les vrais mots des clients, leurs irritants, leurs attentes non formulées ;
- l'innovation et le produit, qui y détectent les signaux faibles avant qu'ils ne deviennent des tendances ;
- la tech, qui comprend où les parcours cassent réellement ;
- la direction générale, qui dispose enfin d'un capteur permanent du terrain, pas d'un sondage trimestriel.
Notre mission n'est pas seulement d'écouter les conversations du service client. C'est de rendre cette voix disponible à toute l'entreprise. Une donnée, des dizaines de métiers.
De la vision à la réalité
Il y a dix-huit mois, ce discours intéressait. On nous écoutait poliment, parfois avec gourmandise, mais c'était encore une vision.
Aujourd'hui, c'est une réalité qui se déploie chez nos clients et ça change tout dans une conversation. On ne défend plus une promesse : on montre ce qui tourne déjà. La différence est énorme pour soi, et pour l'interlocuteur en face, qui passe du
« intéressant » au « comment on s'y prend ».
C'est probablement ça, le vrai bénéfice de VivaTech pour une boîte d'un an et demi comme la nôtre : la confirmation, à grande échelle et hors de notre bulle CX, qu'on creuse au bon endroit. Et la preuve, une fois encore, que l'envie d'avancer est plus forte que le contexte.
Merci
Merci à la Mission French Tech pour l'espace au premier étage, dans des conditions idéales pour faire ce qu'on aime : parler vrai, montrer, écouter.
On revient l'année prochaine.
Sylvain De Ly